Avec toutes les fraudes dont les Canadiens sont la cible, on penserait que le gouvernement aurait mis sur pied un guichet d’aide plus efficace que le Centre antifraude du Canada qui, disons-le, n’offre pas la réponse crédible à laquelle on s’attend, à la suite d’une fraude.

Au moment de signaler une fraude, via leur site web, vous allez remarquer l’option d’utiliser le nouveau Système de signalement des fraudes (SSF). Le problème avec cet outil présenté comme convivial, c’est que vous devez vous y connecter avec votre ID d’utilisateur CléGC et de votre mot de passe ou encore, via l’authentification effectuée par un partenaire de connexion (justificatifs bancaires).

Si vous n’avez pas de CléGC, une authentification utilisée pour d’autres services fédéraux, il y a toujours moyen de signaler la fraude par téléphone, sans frais, au 1 888 495-8501, de 9h à 17h, HNE, du lundi au vendredi.

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Autant la CléGC est un obstacle majeur au dépôt d’un signalement de fraude (et où l’outil de téléversement des documents ne fonctionne même pas, à l’étape 5, ce qui empêche de compléter correctement le processus), autant ce numéro sans frais n’est pas vraiment accessible. D’abord, il n’y a que des messages enregistrés et une fois qu’on finit par trouver le moyen de « parler à un agent », on tombe dans un autre message qui dit qu’en raison du volume important d’appel, on est invités à rappeler plus tard… et la ligne raccroche, automatiquement et sans autre option (pour laisser un message, par exemple).

Alors on résume, le Centre antifraude du Canada donne l’impression d’une opération sérieuse mais le manque cruel d’accessibilité lui enlève beaucoup de crédibilité.

C’est peut-être lié à un manque de budget ou de ressources mais clairement, les Canadiens n’ont pas facilement accès aux ressources dont ils auraient cruellement besoin pour mener la vie dure aux fraudeurs. Et ces fraudeurs, ils sont de plus en plus nombreux. Les arnaques sont plus sophistiquées que jamais et pourtant, les Canadiens sont mal protégés.

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Si vous avez la bonne idée de vous tourner vers la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), vous serez orientés vers le Centre antifraude du Canada, dès qu’il s’agit d’une fraude électronique. Ainsi, votre service de police national est largement impuissant devant les fraudes électroniques. Il s’agit d’un non-sens. Ça prouve que nos services de police n’ont pas évolué et qu’ils laissent les Canadiens à eux-mêmes pour combattre des océans de fraudeurs qui se retrouvent, quotidiennement dans leur boîte de courriels, dans leur répondeur ou autrement, dans leur écosystème électronique.

Il faut que les choses changent.

Soit le Centre antifraude du Canada prend les moyens de réellement répondre aux besoins des Canadiens, soit les services de police actualisent leurs services pour inclure les fraudes électroniques.

Pour l’instant, le système de signalement d’incidents ne fonctionne pas bien et on le voit, les fraudeurs ne sont pas embêtés.

Les fraudes électroniques causent des torts importants aux Canadiens et il est temps de se munir des ressources nécessaires pour les combattre et autant que possible, poursuivre les criminels à l’origine de celles-ci, où qu’ils se trouvent.

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