Brigitte Alepin est fiscaliste diplômée de Harvard.

En 2003, elle faisait mouche avec un livre attendu intitulé “Ces riches qui ne paient pas d’impôts” (Méridien, 2003).

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Dans “La crise fiscale qui vient” (VLB, 2010), elle étend sa lecture critique de la fiscalité aux facteurs qui ont érodé la santé économique des États occidentaux.

La saturation des taux d’imposition et de taxation, ajoutée à la croissance ininterrompue de l’endettement public sont les deux tendances qui expliquent la paralysie fiscale dans laquelle la plupart des économies avancées sont désormais embourbées.

Cette entrevue datant de 2012 demeure aussi valable, aujourd’hui.

Probablement que tous les pays ne tomberont pas en crise fiscale mais le risque demeure élevé.

Au Canada, les impôts sont encore moins élevés que les dépenses alors on est, de facto, en danger de crise fiscale. Tant qu’on peut emprunter, on ne tombe pas en crise fiscale mais on ne fait que solutionner un problème dans l’immédiat en le reportant à plus tard.

Les crises fiscales existent depuis toujours. Là, on est rendus à ce moment où plusieurs pays ne peuvent plus emprunter. Ça nous force à avoir des réflexions sur la répartition plus équitable de la richesse.

Solution

Pour Brigitte Alepin, il faut crever les bulles fiscales, à savoir la bulle des dépenses excédentaires qui force les déficits et les crises fiscales mais aussi, la bulle fiscale au niveau des revenus.

Même si on consomme notre juste part, on arrive pas parce que la bulle fiscale au niveau des revenus exerce un effet toxique sur la capacité de nos régimes d’imposition à percevoir les dûs. Par exemple, quand on dit que l’entreprise va payer de l’impôt dans son pays de résidence et que celle-ci est basée dans un paradis fiscal, ça devient intenable.

Ainsi, les revenus n’entrent plus dans nos agences de revenu (Canada et Québec) car les entreprises se sont défiscalisées via des usages créatifs de paradis fiscaux.

Et que dire du commerce électronique venu d’ailleurs où il n’y a pas de taxes sur les ventes, clairement, les régimes d’imposition ne sont pas adaptés au 21e siècle.

Il faut revoir les bases d’imposition, au niveau mondial.

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