Pour ceux qui aiment lire les commentaires dans le site web de Radio-Canada, nous avons de mauvaises nouvelles.

Il semble que la société d’État radio-canadienne ait décidé, sans prévenir qui que ce soit et sans délais de mettre fin aux commentaires, à la suite de ses nouveaux articles.

Comme on peut le voir à la fin de cet article sur le virus Zika, il n’y a qu’une section “À lire aussi” mais rien, au chapitre des commentaires. Impossible d’en lire ou d’en laisser.

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Il y a encore des articles, comme celui-ci sur la trêve en Syrie qui affichent et permettent des commentaires.

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Ceci dit, il y en a un nombre croissant où les commentaires, c’est fini.

Qu’est-ce qui a bien pu pousser la société d’État à couper la section des commentaires?

C’est peut-être pour augmenter les taux de clics sur les publicités. On se doute que ceux qui lisent les commentaires, à force de naviguer de commentaire en commentaire, perdent peut-être leur intérêt pour cliquer sur les publicités des annonceurs. Suivant cette logique économique, l’absence d’une section de commentaire constituerait une sorte d’incitatif à “passer à autre chose” et donc, à cliquer sur l’une des publicités ou encore, sur un autre lien, dans la page.

La logique économique est celle qui fait le plus de sens. L’absence de commentaires serait une tentative pour augmenter les revenus. Il s’agirait de livrer juste assez d’information pour accrocher le lecteur mais pas trop, afin qu’il conserve son intérêt pour l’écosystème publicitaire.

Ce ne serait pas la première fois qu’un média enlève les commentaires.

On sait que les sites web de La Presse n’ont pas de commentaires, comme à la fin de cet article sur l’idée d’un nouveau procès pour la famille Shafia. Power Corporation n’a peut-être pas envie d’entendre les opinions de ses lecteurs. L’idée étant surement, de leur côté aussi, d’engranger plus de revenus.

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C’est dommage de voir que la liberté d’expression est réduite à néant, dans ces très grands médias qui ont les moyens de soutenir l’infrastructure technologique pour des échanges aussi nombreux que colorés.

Ça ajoute beaucoup à la nouvelle de savoir comment les autres lecteurs réagissent.

Même s’il y a des “trolls”, des “vendus”, des “têtes dures” et des idiots utiles qui disent tout et son contraire, pour une variété étonnante de raisons, ça reste que ça insuffle une deuxième vie à la nouvelle.

En perdant cette deuxième perspective sur les choses, ce sont les lecteurs qui en sortent grands perdants.

Mais au fond, c’est probablement une bonne nouvelle pour les blogues qui vont récupérer une partie de leur lectorat qui aime bien plonger dans les débats qui ne se trouvent souvent que dans les fils de commentaires.

Si Radio-Canada revient sur sa décision, prise en catimini et implémentée en douce, ce sera pour le mieux. Plus il y a de commentaires pour une nouvelle et mieux c’est. Qu’importe la nouvelle!

Il y a eu tellement de commentaires anti-Charia, ces derniers temps que Radio-Canada a peut-être choisi de laisser se calmer les choses avant d’ouvrir à nouveau sa section de commentaires mais ça n’enlève rien au fait que la société d’État a quand même brimé la liberté d’expression de ceux qui auraient voulu faire entendre leur voix.

On verra comment Radio-Canada va évoluer mais si la décision de mettre fin aux commentaires devait perdurer, ça enverrait de très mauvais messages, à propos de sa volonté à défendre la liberté d’expression.

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